![]() |
![]() |
Page sonorisée | ![]() |
“La terre et les forges" Martine HIDOUX-ROUSSEL |
![]() |
Dès les premières lignes du livre nous plongeons au cœur d’un drame humain : la mort de Jeanne, femme exemplaire et mère courageuse, disparue dans les douleurs d’un avortement raté. Pourquoi cette femme, jeune encore, en est-elle arrivée à telles extrémités ? De l’enfance presque insouciante, aux bancs de l’école à son mariage dans la tradition typiquement bretonne, la vie de Jeanne, s’écoule apparemment heureuse, malgré la rudesse de la vie à la campagne, surtout pour les femmes, car, à cette époque, l’exigence des maris vis à vis de leur concubine était forte et l’on ne devait pas rechigner à l’ouvrage. Bien travailler à la terre était la condition sine qua non afin d’être respecté par tous. |
De sinistres rumeurs arrivent dans les villages, mais la population à d’autres préoccupations et ne croit pas trop aux discours colportés par des étrangers. Il faut rentrer les moissons, c’est ce qui importe le plus, car le mois de Juillet 1914 va se terminer. L’après-midi se déroule lentement, lorsque brusquement les cloches de l’église se mirent à sonner à toutes volées. Anxieux, on pose les outils : C’est le tocsin ! Le spectre de la guerre est dans tous les esprits. La place de l’église commence à se remplir, avec crainte, les hommes et les femmes s’approchent, le garde champêtre casse le silence en lisant à voix haute l’ordre de mobilisation générale. Certains essaient de se rassurer en déclarant : On va leur faire peur », mais au fond de soi on n’y croit pas trop. Partis la fleur au fusil, les nouveaux enrôlés, ignorants, vont connaître l’enfer de la guerre et des tranchées d’autant plus qu’ils sont affublés de ridicules culottes rouges qui en font les cibles faciles des tireurs allemands. Et puis, la liste des morts s’allonge, les allemands faisant des horreurs en Belgique, violant des femmes, coupant les mains des enfants… Jeanne tremblante reçoit les premières lettres de Georges son époux : C’est toujours la peur au ventre qu’elle apprend la disparition, sur le front, de son frère jumeau Jean-Marie, la liste continue de grandir, pas une famille qui ne soit touchée. En Août 1919, une annonce parue dans le Journal du Morbihan attire l’attention de Georges. Malgré ses craintes, Jeanne va mener la vie d’une femme d’ouvrier, Georges semblant sortir de son long silence et de ses peurs engendrées par ses années de guerre. Ici, l’ambiance et la vie n’est pas celle des campagnes. Existe la solidarité, l’entraide, une certaine joie de vivre, les réunions et sorties entre amis. Jeanne se sent bien, les enfants vont pouvoir reprendre une scolarité, des années durant la vie s’écoule sans soucis majeurs. Mais, brusquement, les choses se dégradèrent au début des années 1920. Mais ces forges, que Jeanne découvrait, quelques années plus tôt à son arrivée, comme altières, voire belles, ne devaient devenir qu’un cadavre de ciment, une usine morte désertée de ses ouvriers…. Avec sa plume élégante, Martine Hidoux-Roussel nous narre cette histoire authentique et bouleversante. L’auteur connaissant parfaitement le milieu des chantiers de Saint-Nazaire dans lequel ont longtemps travaillé son père et son oncle, avec cet ouvrage, elle perpétue la mémoire de résistance de tous ces ouvriers. Anny MAURUSSANE |
Martine HIDOUX-ROUSSEL en dédicace et en interview au 9ème Festival du livre en Bretagne,
à Guérande des, 24 et 25 novembre 2012. |
![]() |
![]() |
© Photo Anny MAURUSSANE |
© Photo Gérard SIMON |
Pour la présentation de son livre, en novembre 2012, Martine Hidoux-Roussel était l'invitée d'AlterNantes FM, dans l'émission de Daniel Raphalen et Etienne Gasche, "Bouquins en Bretagne". Retrouvez des extraits de l'émission. |
![]() |
______________________________________________________________________________________________________ |
Montage pour Culture et celtie de
Gérard SIMON - (22:15) |
_______________________________________________________________________________________________________ |
La terre et les forges - Martine HIDOUX-ROUSSEL |
Illustration de la page : Bruno AMICE - Cercle circassien - Extrait de 01:01. |
© Culture et Celtie |