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Le Croisic 16 novembre 2008… « la marche du goémonier ».

En ce dimanche, sous un ciel obscurci par de gros nuages gris, mais, toutefois, exempt de pluie, fidèle à sa vocation de promouvoir la culture populaire, « La Calebasse » organisait, la « marche du goémonier »…
Une nouvelle fois, conformément à l’un des axes majeurs de son action culturelle définis et mis en œuvre par l’association, pédagogie et fête étaient, étroitement et judicieusement, mêlées. Ces quelques heures, passées au grand air de cet autre « Finistère » qu’est la presqu’île guérandaise, ont été des moments de remémoration d'une traditionnelle pratique, pour les plus anciens, de découverte, pour les plus jeunes, de convivialité, de bien-être, de musique et de danse traditionnelles bretonnes, pour tous.

«Par cette manifestation nous voulons sensibiliser nos concitoyens à une agriculture, fusse-t-elle artisanale, sans engrais chimique. Pour ce faire nous allons procéder à une récolte symbolique de goémon, à l’ancienne, dans le cadre d'une marche festive ouverte à tous, précisait le communiqué de presse rédigé par La Calebasse».

En effet, le ramassage du goémon sur les plages était une méthode écologique et économique pour apporter de l’engrais, nécessaire aux cultures.

Un petit fascicule, fort bien conçu et éducatif, relatant cette coutume est, opportunément, distribué par les organisateurs, aux participants à cette marche.
Ce document met, certes, en lumière l’activité passée des paysans goémoniers, du nord Finistère qui récupéraient sur leur charrettes, à l’arrivée des bateaux, les laminaires récoltés par les marins sur les hauts fonds proches de la côte, mais également, les pratiques actuelles de récolte par des bateaux goémoniers équipés de vis hélicoïdales, dénommées « scoubidou ».

C’est ainsi qu’à 11 heures, devant l’ancienne criée du Croisic, un tombereau attelé servant au transport du goémon, suivi par une calèche destinée à l’acheminement des personnes à mobilité réduite, prennent le départ, longeant les historiques quais, pour traverser la petite cité de caractère. La présence de ce convoi hippomobile traditionnel, renforce, à cet instant, plus encore, cette image recherchée et largement promue par les « animateurs touristiques » de la ville.
La belle et robuste jument Laura, dirigée par Daniel Lefebvre de Batz sur Mer et les deux chevaux venus de Congor martèlent de leur train hâtif la mélodie cyclique et crissante des attelages, menant à un train soutenu, un cortège pédestre, quelque peu, distancé. Il y a un monde entre le ralenti que l’on peut obtenir avec la 2 cv de M'am Goudig… et une authentique « deux chevaux » !…
Pour rendre cette manifestation plus festive, cette marche est accompagnée par un groupe de musiciens traditionnels locaux. Citons, Marc Cantaud, accordéon, Joël Faou, violon, Benjamin Goudédranche, bombarde, Thierry Goudédranche, bombarde, Philippe Macé, veuze, Pierre-Jean Pain, biniou coz, auxquels s’est joint, le chanteur de « Dégâts d'chez nous », Yann Joncour, apportant, aux effluves de musique instrumentale traditionnelle, sa touche et sa gouaille vocale, estampillées, « chant de marin ».
Tous, se relayèrent, durant la déambulation et les haltes. Deux arrêts respectivement, consacrés à l’embarquement pour ce « voyage écologique » de quelques résidents de l’établissement hospitalier spécialisé St Jean de Dieu devant lequel la joyeuse caravane a stoppé, puis, Baie de Saint-Goustan, au pique-nique, où casse-croûtes, quiche et autres mets, plus que très décemment vendus au profit de l’association, sont, conjointement, proposés, avec jus de fruit, vin chaud et café !…

Instants fort appréciés, après l’effort du chargement du goémon, où chacun était invité à participer.
Comme pour rendre hommage à cette très heureuse initiative de « La Calebasse », des « chevaliers du ciel », suspendus à des voiles incurvée et colorées ont survolé, certes, propulsés par des hélices motorisées au propriétés moins écologiques que le contexte de notre narration, notre joyeuse assemblée champêtre dont certains avaient entamé, au son de l’accordéon diatonique, du biniou coz et du violon un tonique « an dro ».
Curieux et beau spectacle où, c'est le cas de le dire, les racines rejoignaient… les ailes !…
Une double impression de tradition et de modernité qui semble, tout à coup, souligner l’intérêt contemporain et très actuel de la pratique de ces méthodes ancestrales.
Mais l’heure est venue de reprendre la route. Quoi de mieux que d’emprunter, avec le maritime changement attelé, la rue des Géomoniers qui, par son nom gravé sur plaque, témoigne, au Croisic, de cette ancienne activité, notamment, pratiquée par les paludiers du Bourg de Batz, qui venaient du clocher voisin pour cueillir le précieux engrais naturel, don bénéfique et généreux de la mer.
Quelques enjambées chevalines, encore et notre périple prend, au détour de la route, une allure XVème siècle, puisque nous passons, après un ultime virage bucolique, devant le magnifique manoir breton de Kervaudu.
Cette robuste et gracieuse bâtisse granitique a appartenue au Gentilhomme de Lespine, poète protestant de ce siècle précité.
L’Edit de Nantes fit, en effet, du Croisic un lieu de culte pour les Huguenots. Ce manoir servit, par la suite, de résidence au peintre Ferdinand Loyen du Puigaudeau, proche de l’école de Pont-Aven.
Nous nous situons, alors, à proximité des anciens marais salants de Saint-Goustan, aménagés à cette époque.
La fin de cette « marche du goémonier » se précise, les « rescapés » sont, encore, nombreux à assister, au son de l’accordéon diatonique de Marc Cantaud, au déchargement du goémon, précédemment, collecté, sur une parcelle voisine.

Thierry Goudédranche, Président de l’association « La Calebasse » remercie, alors, les « acteurs » de cette marche : musiciens, pilotes équestres, participants, bénévoles de l’association.
De son côté et par ce reportage, « Culture et Celtie » enthousiaste, dès l’ annonce de cette manifestation culturelle, félicite, chaleureusement, tous ceux qui ont donné corps et vie à cette très heureuse et utile manifestation, en souhaitant que celle-ci connaisse un « bis repetita » avec une participation, encore plus large.


Photos et texte : Gérard SIMON

La Calebasse : e-mail : asso.lacalebasse@orange.fr

Lec Chevaux de Congor : www.leschevauxdecongor.com


© Culture et Celtie

Illustration sonore de la page : Mixage ambiance sonore attelage et Bruno Amice - War lez Armor

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