Sur ces pages nous ne sacralisons aucune star ! Nous évoquons avec la même conviction les talents confirmés, comme ceux de l'ombre, traditionnels ou progressistes, tous les artistes qui portent haut la Bretagne et la Celtie d'aujourd'hui.



Page sonorisée


Nolwenn KORBELL
www.nolwennkorbell.com

Frédérique Lory, au noir piano à queue, … Tanguy Le Doré, à la guitare basse, Nolwenn KORBELL, vient juste d’entrer sur la scène du Parc des Dryades…
Tiré de son premier album, Neo Ket Echu (Rien n’est terminé), la chanteuse interprète, en Breton, « la fille du lit clos »… une fille qui aime entendre le bruit de son homme qui… ronfle !…
Antonin Volson, à la batterie, Didier Dréau à la guitare et Huggo Le Hénan, au marimba,, rejoignent la scène, sous les applaudissements nourris d’une foule nombreuse qui a envahi les nouveaux gradins de cet amphithéâtre de plein air.


Tous les textes seront chantés, en breton, excepté l’un, en Français…
Espiègle, Nolwenn demande un peu plus de puissance dans son « retour voix » à un certain Jean-Marc qui sonorise le concert... en lui lançant un sensuel… merci Jean-Marc !…
La chanson qui suit parle de pluie « glaw, glaw, glaw », en Breton…
Connaissant les mésaventures météorologiques qui on conduit, mercredi, en ces mêmes lieux, à l’annulation du précédent concert de Gilles Servat, la blonde Nolwenn ajoute : « On a eu peur, toute la journée, mais, ce soir, c’est tranquille… on peut chanter la pluie !… ».


Dès les premiers titres, la chanteuse bretonne s’accapare la scène, la traversant de long en large, dansant, sautant… jouant… car la chanteuse est, aussi, comédienne…
Avant d’entamer le morceau suivant, elle fait le décompte des « bretonnants » présents dans l’assemblée, en s’adressant à eux, dans la langue maternelle des Frères Morvan, autres invités du festival.
Puis, elle ajoute : « pour les autres, j’ai appris le Français et je vais expliquer ce que je chante».
Suit une chanson aux couleurs très Tziganes…
Ah, c’est certain, les paroles sont en breton, mais nous sommes très loin des sonorités armoricaines ou, même, celtiques !… que peut-être, certains attendaient dans le cadre du 59ème pardon de la Baule…
Pour cette création, Nolwenn KORBELL s’est inspirée d’une citation de Max Jacob : « le Breton tient du prêtre et du tzigane »… en d’autres termes de foi et de folie….
Il fait frais sur le Parc des Dryades, Nolwenn, bras nus sur scène, nous dit : « vous pouvez vous serrer encore plus, vous pouvez vous frotter, si vous voulez, ça ne sera que mieux »…
Plus de 15 titres vont s’enchaîner ainsi, à un rythme soutenu, parsemés des discours humoristiques de l’artiste…


L’humour sera, par des circonstances inattendues, à son paroxysme, lorsque Nolwenn présentera son titre « Son ar plac’h n’he doa netra » (chanson de la fille qui n’avait rien ». Cette chanson associe, à la manière d’une comptine, chaque jour de la semaine à un achat, à la foire, d’un coq, d’une poule, d’un homme – « c’est mieux qu’un chèvre, non ? » ajoutera Nolwenn…
Arrivant au dimanche, jour d’achat d’une vie, et vocalisant sur l’achat du jour, un « deux tons » de pompiers passant dans la Baule viendra, dans la même tonalité, prolonger les notes de la chanteuse, faisant éclater de rire l’artiste et le public qui applaudit suite à cet enchaînement sonore fortuit… Nolwenn Korbell concluant avec « je m’achèterai une ambulance, la semaine d’après, si vous voulez »…
Ballades plus mélancoliques avec Padal, (Pourtant),véritable « recherche musicale et vocale » avec « a dreuz kleuz ha moger » (A travers talus et murs », traditionnel avec le « pardon de la Trinité », le registre sera très large, accompagné de jeux de lumières subtils et d’ orchestrations raffinées exécutées par de brillants musiciens, aussi à l’aise dans les accents rock que sévillans…
Nolwenn dialoguera, également, avec des gallois présents au sein des spectateurs, rappelant qu’elle a vécu, chanteuse du groupe Bob Dely’n a’r Ebillion, quelques années, entre Bretagne et Pays de Galles.
En fin de spectacle, un hommage à Glenmor sera rendu dans un remarquable « vingt ans déjà » interprété, avec grand respect, par la chanteuse qui soulignera ce signe de reconnaissance à Milig par ces mots « parce qu’un chanteur dont on entend plus les chansons meurt une seconde fois… »
Un morceau endiablé avec énumération des musiciens conclura ce concert qui en a déçu très peu et charmé un très grand nombre.

Gérard SIMON





© Culture et Celtie

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