Alan Stivell, un musicien, une oeuvre...
L'article...

Alan "Explore"... nos vies !

Après l'album "Au-delà des mots", Alan Stivell reprend la parole et s'exprime à travers ce nouvel opus où il se révèle, encore une fois, engagé, universel et poétique. Je ne m'attarderai pas trop, ici, sur le côté musical qui a déjà été largement développé, mais plutôt sur les textes magnifiques qui touchent également chacun d'entre nous.

Ces textes, sont précisément déclinés dans plusieurs langues, selon les habitudes de l'auteur : français, anglais et cette fois-ci, davantage en langue bretonne, puisque, comme il l'a, lui-même, déclaré dans l'interview réalisée le jour de la sortie du disque sur France-Inter : "le breton a une rythmique musicale évidente"... En tant que bretonnante, j'ai perçu cette musicalité et vous en propose une interprétation toute personnelle, le breton permettant plusieurs traductions en français comme en anglais. Nous savons aussi que notre artiste aime jouer avec les mots, et il se sert donc allègrement des trois langues pour en traduire au plus près le phrasé musical ou l'émotion telle qu'il la ressent.

Ce qu'il a à nous transmettre touche à sa vie, à nos vies. Plus encore, que dans les précédents albums, nous le sentons près de nous à relater notre passé, notre présent et envisager notre avenir... Il y a encore de l'espoir même si le passé et le présent apparaissent sombres. Chacun d'entre nous peut donc retrouver une partie de sa vie dans ce qui est raconté.

Miz Tu, (ou Miz Du) littéralement le mois noir, en breton. Noirs, en effet, ont été les événements qui ont frappé les banlieues ce mois de novembre. Des jeunes brûlent des voitures, d'autres se rient des soucis parce "qu'il y aura toujours du pain à la maison... Attitude, anxiété, inquiétude, frustrations"... Comment trouver le chemin vers plus de compréhension ? C'est peut-être un peu trop tôt ? Si seulement on pouvait trouver un moyen...

Là-bas, là-bas... Tout est déjà, quasiment, exprimé en français, le breton ne venant que le compléter. Nous pensons à qui Alan s'adresse ici avec pudeur et émotion. Chacun de nous a été dans sa vie éprouvé par un décès et peut se retrouver dans ces paroles... Mais il ne faut pas avoir peur, la mort n'est que le début d'un long voyage où l'on ne connaîtra plus ni douleurs et chagrins et où l'âme pourra se réfugier "dans le calme et la paix".

Animation GS d'après jaquette du CD
Keltia III - Harmonia Mundi K3104

You know it, breton et anglais s'entrecroisent, ici. Rien ne sert de désespérer. Crises, moments de détresse suivis d'instants de bonheur intense faits de rires et de joie. Chacun connaît cela dans sa vie pour peu qu'il veuille l'accepter...

Té, ici nous pouvons encore deviner à qui cette magnifique chanson d'amour est dédiée... De surcroît, elle est traduite sur la jaquette. Quel hymne ! Alan va quand même ici très loin pour nous révéler l'Amour de sa vie. Il s'en dégage une beauté et une poésie qui peut toucher n'importe quelle femme... au-delà des mots, une fois de plus :
"N'eus ger ebet, n'eus ger ken
'Vit lar' ma c'harantez... "

They, là encore, il suffit de se reporter au livret pour trouver la traduction des textes. Alan exprime de nouveau sa révolte et son indignation face à la haine raciale. Apprendra-t-on un jour à vivre ensemble ? Apprendrons-nous à aimer autrement ? A penser autrement ?... "Sans la peur qui étrangle, vers les mots qui rassemblent". Ce n'est pas la première fois que notre artiste s'exprime ainsi, souvenez-vous de la "Symphonie Celtique", de "1 Douar"... parmi d'autres.

Après le magnifique instrumental, un peu trop court à mon goût, se terminant sur un fondu hypnotique et vibratoire qui introduit les incantations, tout aussi vibratoires, des druides de Druidic lands, Alan nous emmène sur les chemins des montagnes d'Arrée et nous entraîne dans un hymne à la joie, à l'amour, au bonheur. Personnellement, le fait d'être au sommet du Menez Hom suscite toujours dans ma tête une succession d'images et pensées heureuses, j'ai désormais cette ode à rajouter, poursuivie par les notes de harpes d'Explore où, là encore, rêve et évasion sont au rendez-vous.

Un parfait paradis, choix des mots très courts en breton avec rimes intérieures en "o" afin de donner un rythme très syncopé à la chanson. Thème récurant et cher à Alan sur le partage, la compréhension de l'autre, des autres... partager richesses et compétences au lieu de tout garder pour soi, égoïstement...

De quoi méditer avant que ne se referme ce nouvel instant très fort partagé avec notre artiste sur les notes cristallines de sa harpe magique.

Article de MIREILLE






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