Alan Stivell, un musicien, une oeuvre...
Le reportage...

30 avril 1982
Alan à Nantes

Le quotidien "La Croix" a organisé une fête afin de convier Alan et ses musiciens sous chapiteau, Place de la Petite Hollande à Nantes.
Bien qu'étant présents avant le début du concert, nous sommes déjà assez nombreux à nous masser devant le guichet.
Dans les rangs, les commentaires sont variés. Certains reparlent de la Symphonie Celtique jouée à Lorient et de la mémorable "douche céleste", d'autres du concert de l'année dernière qui avait eu lieu à Beaulieu… Nous nous réjouissons que notre artiste préféré revienne à Nantes un an après son dernier passage.
Le rideau du chapiteau se soulève enfin et nous pénétrons sous cette gigantesque tente.



Photo Mireille

Après les commentaires de présentation les musiciens font leur entrée sur scène. Quelques notes d'introduction, puis notre Alan arrive, rayonnant, en jean et chemise blanche, triskell flamboyant au cou. Il demeure le même, ce qui donne l'impression de l'avoir vu hier. Il s'assoit derrière sa petite harpe bardique au bois très clair. Celle-ci n'est pas sculptée, ni décorée, mais on peut en apprécier les lignes sobres et la colonne courbe toute en rondeur.


A l'issue du premier morceau, Alan salue, en français et en breton, le public de Bretagne Sud qu'il est très heureux de retrouver. Comme à l'accoutumée, la première du spectacle sera plutôt assez calme et acoustique avec de belles pièces de "Renaissance de la harpe celtique", "E Langonned", "Journée à la maison"… Le silence se fait toujours à l'interprétation de "Marv ma Mestrez" ou seule la voix unique d'Alan se fait entendre. Cependant, le public du fond du chapiteau manifeste un peu d'impatience attendant du rythme et de la danse…



Photo Mireille

Photo Mireille

Il va être servi : la deuxième partie est menée par le violoniste qui commence à "mouiller sa chemise" et le bassiste qui lui répond. Alan empoigne alors sa bombarde et gonfle ses joues sur son très connu "Pop Plinn". Suivront de larges extraits du dernier album : "Terre des Vivants", avec notamment, cette chanson dédiée aux récents événements de Plogoff encore tout frais dans nos mémoires et auxquels plusieurs d'entre nous ont pris part. A travers cette chanson, nous nous reconnaissons aussi dans le combat que nous menons pour que ce département de Loire Atlantique retrouve sa place dans la Bretagne historique : "Prest eo ar pobl… evit ar gad diwezhañ... Mallozh d'an hini a gred disakro douar hol lorc'h"… Oui nous sommes prêts à nous battre pour que notre identité bretonne soit reconnue et cesse d'être bafouée !


Animation GS d'après photos de Mireille

Mais nous sommes là aussi pour faire la fête et pour danser. Gavottes, Plinn et Andros vont se succéder avec un Alan en pleine forme qui passe successivement de la flûte à la bombarde, aux petits djembés et à la cornemuse. Soudainement, il s'avance avec cette dernière vers notre groupe qui danse au premier rang. Tout le monde affiche un air réjouit. Puis, n'y tenant plus, il lâche l'instrument et saute de la scène pour se joindre à nous. Nous l'accrochons immédiatement et passons ainsi plusieurs minutes de bonheur intense à danser avec lui.


Les musiciens, livrés à eux-mêmes, en profitent joyeusement pour improviser et ajouter leur touche personnelle à la gavotte en cours.

Puis Alan remonte sur scène et reprend les choses en main en ressaisissant sa cornemuse et en enchaînant avec "Ian Morrisson Reel". L'ambiance est chaude, le public tape des mains et des pieds, un groupe de spectateurs au fond du chapiteau crie comme des enfants dans une cour de récréation... mais à la fin de son Reel, Alan brandit sa cornemuse au-dessus de sa tête en signe d'adieu...
Pas question de la laisser repartir comme cela, " nous n'avons pas tout eu " !
C'est donc sous les cris et les ovations que nous faisons revenir notre artiste pour deux autres chansons et l'inévitable "Tri martolod" qu'Alan et ses musiciens interpréteront en se tenant par l'épaule, complètement trempés de sueur, mais heureux comme de "grands gosses" !



Photo Mireille

Photo Mireille

C'est comme d'habitude à regret que nous quittons le chapiteau mais contents de trouver de l'air frais car l'intérieur, avec toute cette ambiance, était devenu une véritable étuve. A quelques pas se trouve un groupe de spectateurs en train de reprendre "Tri martolod" a tue-tête, visiblement la fête n'est pas terminée pour eux... Le bonheur Stivellien est communicatif !

Reportage Mireille




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