Page sonorisée


17 mars 2018, soir de Saint-Patrick, pour ses 50 ans de carrière
Alan STIVELL est en concert à l'Olympia !
Page 2/2



L’artiste breton nous invite à traverser, avec lui, un peu plus de cinquante années en puisant parmi ses très nombreux enregistrements et les succès qu’il juge les plus représentatifs de sa carrière et de ses multiples expériences musicales.

La soirée sera belle et chaleureuse…
« La hargne au cœur » nous rappelle la combativité et le caractère affirmé des bretons, qu’ils soient marins, pêcheurs, skippers… ou harpeurs. Comme nous commémorons la Saint-Patrick, place à quelques chansons évoquant le pays d’Eire avec « Brian Boru » et le très rythmé « Cease fire » interprété en gaélique, car n’oublions que le chanteur est polyglotte et s’exprime dans plusieurs langues. Multi-instrumentiste, il est aussi un expert au whistle. Suivront : « New’Amzer (Spring) », « Foggy Dew », « An Allarc’h »… l’ambiance, dans la salle, va crescendo lorsque STIVELL s’avance, bombarde à la main, vers le micro. Nous avons l’impression de revivre son inoubliable et fondateur concert de 1972. Ovation est faite au pérenne artiste qui salut les spectateurs, bras levés, en vainqueur, à la fin de ce chant guerrier.



« Je veux vous présenter Robert le Gall… Lorsque l’on parle de chanson à boire, Robert le Gall est toujours présent… Enfin, on peu chanter une chanson à boire, sans boire… N’est-ce pas » ?

Timidement, le musicien s’avance sur la scène. Il accompagnera le harpiste à la guitare.

«Son Ar Chistr » !

Encore un morceau anthologique datant de ces inoubliables années soixante dix. L’assistance va, alors, chanter avec ferveur, cette histoire de bouteille de cidre en compagnie de ces fidèles complices.
Puis, revenant à un sujet plus sérieux l’artiste nous interpelle, une nouvelle fois, sur le devenir des langues régionales. Car que deviendront nos multiples cultures sans l’immuabilité de ces langues. Il est nécessaire de les transmettre et les protéger…

« C’est indispensable…. A moins qu’elle ne soit éradiquée… dans l’avenir », ajoutera ce plus qu’opiniâtre défenseur qu’est Alan.
A cet instant, les envolées de notes venues d’une électrique guitare métallique et rageuse, dont les distorsions ne sont pas sans nous évoquer celles d’un certain Jimmy Hendrix, viennent couvrir les premiers accords de harpe de STIVELL dans « Brezhoneg' raok ». Nous l’avons bien compris, cette seconde partie du spectacle sera, souvent, plus proche du rock, voire du hard rock, style dans lequel le musicien excelle, car le rock celtique, c’est lui qui en est l’instigateur. Tout le public reprend en chœur :

« Hep Brezhoneg, hep Brezhoneg,
Hep Brezhoneg, Breizh ebet,
Hep Brezhoneg, hep Brezhoneg,
Arrabat komz diwar benn Breizh »

De fait, sans langue Bretonne, pas de Bretagne…



« On ne va pas terminer sans jouer le final de la Symphonie Celtique ? »

Il ne manque, comme par le passé, que les files de danseurs bigarrés pour s’élancer aux premières mesures de « Spered Hollwedell ». Dommage !

Impossible de ne pas entendre la fameuse « Suite Sud-Armoricaine » qui affola à l’époque, les charts et enflamma les foules voici… quelques cinquante années, déjà !
Impossible, aussi, de terminer, comme il se doit, cette soirée sans la partager avec les turbulents matelots nantais… voici l’inévitable « Tri martelod » !

Les applaudissements nourris incitent Alan, et ses efficaces musiciens, à rester le mythique plateau parisien, quelques minutes encore.

« Nous n’allons pas partir sans rendre un hommage à Liam O’Flynn qui vient de nous quitter, voici quelques jour. Nous dédierons cette chanson aux amis qui nous ont quittés cette année… »

Una Ni Flannagàin, qui assurait la première partie, rejoint Alan sur scène. Leurs deux harpes réunies égrèneront, à l’unisson, les mélodieux arpèges de « Kimiad ». Séquence émotion.
Mais le public, qui a marqué, tout au long du spectacle, sa croissante ferveur ne souhaite, visiblement, pas en rester là.

« On a du mal à se quitter…On peut, sans doute essayer, de chanter ensemble quelque chose de facile ».
Ce sera, A Capella, le « Bro Goz ma zadou ».

Merci Alan pour ces intimes, intenses et panoramiques instants moments passés en votre compagnie, et qui prouvent à ceux, qui en douteraient encore, que vous demeurez, au-delà des nombreux styles que vous avez explorés, Folk, New age, Ambient, Electro, World, le patron indétrônable d’une pop celtique raffinée et enracinée issue, d’une grande connaissance des fondements de la culture traditionnelle..


Texte et photos : Anny MAURUSSANE


Autres pages, sur ce site, concernant, Alan STIVELL : (cliquez sur les liens suivants) :
- Alan STIVELL "AMzer" et e-interview (2015)
- "Sur la route des plus belles légendes celtes" Livre d'Alan STIVELL, Thierry JOLIF et Yvon BOËLLE
- Alan STIVELL à l'Olympia "40ème anniversaire" (DVD+CD) - Juillet 2013
- 1972 - 2012 Alan STIVELL à l'Olympia : un parcours plus qu'un retour !
- Alan STIVELL embrase les Nuits Salines à Batz sur Mer, le 24 Juillet 2010
- Alan STIVELL... un harper hero au Festival Les Nuits Salines 2010.
- Alan Stivell : le CD « EMERALD » (2009)
- Jeudi 19 novembre 2009, Alan STIVELL enflamme le Bataclan, à Paris
- Au Croisic, le Triangle blanc présente le livre « Alan Stivell ou l'itinéraire d'un harper hero...»

Pour retrouver le parcours d'Alan STIVELL de 1953 à 2008 :
- Le dossier "Culture et Celtie, le MAGazine :
Alan STIVELL, un musicien, une oeuvre...

- Le livre :
"Alan Stivell ou l'itinéraire d'un harper hero"


Site officiel d'Alan STIVELL : www.alanstivell.bzh

© Culture et Celtie

Illustration sonore de la page : Extrait de « Brezhoneg Raok » (01:39)
Prise de son et montage : Gérard SIMON

<< Page précédente
Reportages >>